Préserver la Valeur Patrimoniale et les Éléments Caractéristiques
Au Canada, il y a bien trop d’exemples d’éléments caractéristiques qui ont été remplacés au nom de l’efficacité énergétique ou des exigences environnementales sans qu’on fasse d’évaluation adéquate des répercussions potentielles sur la valeur patrimoniale. Non seulement ces remplacements n’ont pas amélioré le rendement énergétique, mais ils ont aussi généré un mauvais rendement du capital investi. Pour ne pas répéter ces erreurs, il est important de s’assurer que la valeur patrimoniale et les éléments caractéristiques du bâtiment ont été évalués, et que les propriétés et le rendement écologiques ont été bien compris avant de planifier des mesures pour améliorer l’efficacité énergétique et la durabilité du bâtiment en général.
Une fois la valeur patrimoniale et les éléments caractéristiques définis, les critères de durabilité peuvent être harmonisés aux objectifs plus généraux du projet. À ce stade, l’équipe de projet devrait faire appel à des spécialistes afin de déterminer les solutions qui répondront le mieux aux impératifs d’efficacité énergétique et qui auront le moins de répercussions sur les éléments caractéristiques.
L’étape suivante consiste à élaborer une démarche de conception et de conservation axée sur la réhabilitation pour l’ensemble du projet. Les principes d’intervention minimale et de réversibilité sont toujours au cœur de la réhabilitation des biens patrimoniaux; les autres éléments de cette approche établissent des critères pour la prise de décision en matière de conception et aident à justifier les interventions.

La bibliothèque publique de Cornwall est située dans l'ancien Bâtiment Fédéral réaménagé. Source: TRACE
Évaluer les Bâtiments Patrimoniaux et non Patrimoniaux
Accroître la résilience propose des lignes directrices pour la modification durable des bâtiments de toute taille et de tout type, quelle que soit leur valeur patrimoniale. Pour limiter les dépenses matérielles et le gaspillage de matériaux utilisables, il est important de respecter les caractéristiques intrinsèques de chaque bâtiment.
Cependant, comme il faut aussi tenir compte de la valeur patrimoniale dans le choix de la nature et du degré de l’intervention, ces lignes directrices offrent des recommandations précises permettant de réduire au minimum les répercussions sur les éléments caractéristiques et d’intervenir avec circonspection sur les éléments non caractéristiques des bâtiments à valeur patrimoniale lorsqu’on envisage des mises à niveau durables.
Il n’est pas toujours raisonnable du point de vue de la conservation du patrimoine d’achever un bâtiment tel qu’il était conçu à l’origine, et les Normes et lignes directrices ne l’approuvent que rarement. Cependant, d’un point de vue écologique, cette approche permet de réduire l’étalement urbain et d’améliorer l’usage et la durabilité du bâtiment existant.
Lorsque l’on envisage la mise à niveau durable d’un bâtiment existant ou traditionnel, la démarche conceptuelle doit s’appuyer sur une compréhension exhaustive des matériaux et des assemblages d’origine, notamment des systèmes solidaires, de la provenance des matériaux, de l’intention du concept et de l’organisation spatiale. Cette compréhension, que l’on appelle parfois « écologie intégrée de bâtiment », permet d’envisager le bâtiment comme un système interconnecté en soi. La compréhension de ces relations permettra de cibler les interventions et les changements optimaux qui auront le moins de répercussions sur les ressources et le caractère ou la valeur patrimoniale du bâtiment, mais le plus d’effet sur son rendement durable.
Tous les bâtiments possèdent les composantes solidaires suivantes :
- Conception et relations spatiales;
- Systèmes et fonctions d’exploitation;
- Composantes et assemblages construits.
Si le but est d’améliorer le rendement énergétique, l’équipe de conception doit d’abord évaluer ces composantes. L’équipe doit chercher à comprendre, par exemple, la conception énergétique originale du bâtiment (éclairage, systèmes de chauffage et de refroidissement, enveloppe du bâtiment, etc.). Elle doit ensuite évaluer le fonctionnement et l’état actuels de ces assemblages et systèmes énergétiques. Il peut également être utile de comprendre les répercussions et les avantages écologiques du processus de mise à niveau et de réhabilitation en soi (traitements, matériaux, gestion des déchets, etc.) pour déterminer les réparations, les remplacements de matériaux et les traitements requis.





